Fred Fliege

Cursus universitaire

Cursus universitaire

– 2002 Thèse de Doctorat en Psychologie Clinique, intitulée : Approche psychanalytique des troubles consécutifs à l’usage d’hallucinogènes – Toxicité et structure; Soutenue le 17 septembre 2002 à l’Université de Picardie Jules Verne, Amiens. Composition du Jury : Paul-Laurent ASSOUN (Président du Jury), Marcos ZAFIROPOULOS (Directeur de thèse), Olivier NICOLLE ; Mention : « Très honorable, avec les félicitations du Jury ».

1996 DEA de Psychologie Clinique validé en tant que DESS par un stage de 14 semaines à l’Unité de Traitement de la Toxicodépendance de l’hôpital St Charles de Montpellier ; Mémoire intitulé : Approche clinique des perturbations issues de l’absorption d’hallucinogènes – Université de Picardie Jules Verne, Amiens.

– 1995 Maîtrise de Psychologie Clinique ; Mémoire intitulé : Le diagnostic psychopathologique des troubles procédant de l’ingestion d’hallucinogènes; Université de Picardie Jules Verne, Amiens.

– 1986 Maîtrise de Linguistique ; Mémoire intitulé : La structure des champs sémantiques sur l’exemple du paradigme du bruit, Université de Lausanne (CH).

Expérience professionnelle

2002-2003 Mi-ATER (Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche) :

Travaux d’études et de recherche (qualifiés, pour des raisons de commodité administrative, comme « TD »), M1 (Master 1) (20 h) ; Objectif : Supervision de la rédaction des mémoires ; Thématiques : Conduites à risque, anorexie, toxicodépendance, positions limites, psychoses, lien social ;
Méthodologie : 1. Récapitulation des principes de l’investigation clinique et de la présentation des travaux ; Rappel des enjeux du référentiel théorique adopté ; Recherche bibliographique ; Discussion des choix thématiques ; Polycopiés résumant ces principes ; 2. Suivi de la progression des recherches ; 3. Correction (hors séances TER) des brouillons ; 4. Critique, en séance, des « versions définitives » ; 5. Participation, en tant que membre du Jury, à la notation des mémoires et à la passation des examens. Prise en compte des trois critères principaux (économique, esthétique et réflexif).

Cours Magistral, M2 (Master 2) (3 h) : Initiation à la recherche fondamentale ; prospection bibliographique ; Enjeux épistémologiques et praxéologiques de l’investigation clinique ; Questions déontologiques ; Position clinique ; Interprétation des données empiriques ; Cadre et maniement transférentiel ; Insistance sur l’importance des trois critères économique, esthétique et réflexif, accompagnée d’encouragements au soin de la mise en page.

Evaluation des compétences: Sélection des candidats au M2 (Master 2) : Appréciation des motivations et de la « position clinique » du candidat, de la qualité scientifique de son mémoire de Master 1 et de son aptitude à articuler théorie et pratique cliniques. Evaluation de la clarté, de la pertinence clinique et de l’esthétique du travail.

Elaboration des programmes du cursus universitaire ; Propositions quant à la teneur de l’enseignement : 1. Différenciation explicite entre les options théoriques des différentes approches psychocliniques et psychopathologiques ; 2. Inclusion de l’objectif thérapeutique parmi les projets de la Psychologie Clinique ; 3. Nécessité de distinguer celle-ci de la Psychopathologie, et de clarifier le rapport de ces disciplines à la psychiatrie, à la psychanalyse et à la psychothérapie.

Chargé de Cours en Psychologie Clinique et Psychopathologie, 2003/2004

Travaux dirigés, L2 (3 groupes, 60 h) ; L3 (un groupe, 28 h) ; Objectif : Observation clinique ; Rédaction d’un travail de recherche ;

Travaux d’études et de recherche, M1 (Master 1) (14 h) ; Objectif : Supervision de la rédaction des mémoires ;

Conférence, M1 (Master 1) (2 h) : Initiation à la recherche fondamentale ;
Conférence, M2 (Master 2) : Présentation de ma recherche doctorale sur les troubles consécutifs à l’usage d’hallucinogènes ;

Chargé de Cours en Psychologie Clinique et Psychopathologie, 2004/2005 :

Travaux dirigés, L3 (8 groupes, 48 h) ; Objectif : Observation clinique ; Thématiques : Optiques objectivante et subjectivante ;

Conférences, M2 (Master 2) : La psychanalyse hors les murs ;

Chargé de Cours en Psychologie Clinique et Psychopathologie, 2005/2006 :

Travaux dirigés, L3 (8 groupes, 24 h) ; Objectif : Rédaction d’un travail de recherche ; Thématiques : Interrogation et utilisation de la littérature scientifique ; Evaluation de la pertinence des méthodes d’exploration (entretien, observation, enquêtes, tests, etc.), Recueil, classement et interprétation des données cliniques ; Méthodologie : Présentation « interactive » des principes de recherche et des concepts psychocliniques ; Présentation d’exposés thématiques (tests,…), suivie de débats ; Aide à la rédaction en fonction de trois critères-clefs, économique, esthétique, réflexif.

Conférences, M2 (Master 2) : Présentation de mes recherches en cours : 1. Psychose et marginalisation sociale ; 2. Sujet postmoderne et figures du père ; 3. Psychopathologie du lien social.

Assistant à la section de linguistique, Université de Lausanne, Suisse, 1985

Enseignement : Cours magistraux et travaux dirigés, tous niveaux.
Recherche : « Morphologie et sémantique », « Organisation des champs sémantiques : individu et société », « Parole et pensée », « Etudes comparatives des langues indo-européennes ».
Référentiel : Linguistique structurale (Saussure, Troubetzkoy, Jakobson, Martinet).

Enseignement extra universitaire

Formation spécialisée – au sein du groupe national d’intervention, de formation et de recherche psychocliniques SOS-PSY – de psychologues cliniciens, Depuis 1998

La pratique clinique de SOS-PSY comprend trois volets : 1. Intervention en situation d’urgence, 2. Psychothérapies, 3. Psychanalyse. La recherche et la formation portent sur ces trois domaines.

Conférences (40 h par an) ; Objectifs et Thématiques : 1. Intervention en situation d’urgence ; 2. Consultation publique en établissement et in situ ; Méthodologie : 1. Présentation orale – soutenue par polycopiés – des principales théories en victimologie ; 2. Exposé sur la technique du débriefing ; 3. Théorie et praxéologie de la prise en charge psychoclinique hors les murs.

Travaux pratiques (70 h par an) ; Objectifs et Thématiques : 1. Spécificités de l’intervention en situation d’urgence et in situ (i.e. débriefing); 2. Approche clinique de la situation de crise ; 3. Prise en charge post-traumatique ; 4. Consultation publique ; Méthodologie : 1. Exposés, par les candidats, sur la consultation publique et sur les procédés de l’intervention in situ ; 2. Rédaction de mémoires (30 p.) : réflexions théoriques et études de cas.

Enseignement à SOS-PSY, septembre 2006 – mars 2008

Psychologie Clinique et Psychopathologie

Conférences (192 h) ; Objectifs et Thématiques : 1. Victimisation primaire, secondaire et tertiaire ; 2. Enjeux théoriques et praxéologiques de l’urgence en psychologie clinique et psychopathologie ; 3. Intervention in situ et en situation d’urgence (i.e. débriefing); 4. Approche clinique de situations de crise (sociale, familiale, conjugale,…) ; 5. Suivi clinique de victimes d’accidents, de catastrophes ou d’attentats ; 6. Prise en charge post-traumatique (approches systémique et psychanalytique); 7. Médiation psychoclinique ; 8. La prévention à destination d’un public adolescent et de populations « à risque » ; 9. Consultation publique en établissement et in situ ; 10. Accueil et suivi cliniques de sujets psychotiques, toxicodépendants et/ou socialement marginalisés ; 11. La famille monoparentale ; 12. Thérapies familiales ; 13. Travail en réseau et en équipe pluridisciplinaire ; 14. Accompagnement de sujets âgés ; 15. Statuts topiques des facteurs déclenchants ; Topologie et structure; Cadre et maniement transférentiel ; Facteurs déclenchants et faille symbolique ; « Précarité symbolique » et figures du père ; RSI (Réel, Imaginaire, Symbolique) ; Objectifs et modalités du travail analytique hors les murs.

Travaux pratiques (272 h) ; Objectifs et Thématiques : Familiariser les candidats avec la spécificité de l’intervention en situation d’urgence et in situ (i.e. débriefing); Approche clinique de situations de crise (sociale, familiale, conjugale,…) ; Suivi clinique de victimes d’accidents, de catastrophes ou d’attentats ; Prise en charge post-traumatique (approches systémique et psychanalytique); Consultation publique en établissement et in situ ; Méthodologie : 1. Présentation de situations rencontrées par les intervenants de SOS-PSY ; Exemples d’interventions psychocliniques en situation d’urgence ; 2. Reconstitution d’interventions accomplies par des psychologues professant au sein de SOS-PSY : Prises en charge de victimes d’agressions (braquages, rixes), de témoins choqués ; Médiations au cours de prises d’otage (dans des contextes de marginalité sociale) ; Médiations pour dénouer des crises conjugales et familiales ; Interventions auprès de sujets intoxiqués par des produits psychoactifs ; 3. Simulation de situations de crise et exercices pratiques ; 4. Supervision des futurs intervenants en situation réelle : Prise en charge de décompensations psychotiques accompagnées de passages à l’acte ; Maniement de la parole et du transfert dans un contexte violent ; Médiations pour désamorcer des explosions de violence (conjugale, familiale, intercommunautaire etc.).

Examens sanctionnant la formation : 1. Evaluation continue au cours de la formation ; 2. Soutenance des mémoires ; 3. Examens écrit et oral comprenant deux à quatre questions par domaine d’intervention (intervention en situation d’urgence, psychothérapies, psychanalyse).

1991-2011 Administration de l’association REFLETS (approche systémique de l’exclusion sociale, insertion sociale de sujets dits «défavorisés» (SDF, chômeurs, sujets souffrant de troubles physiques et/ou psychiques).

Pratique psychoclinique

De septembre 2003 à janvier 2005 : Psychologue clinicien au Centre de Rééducation motrice du Docteur STER (34240 Lamalou-les-Bains), Prise en charge de patients souffrant de pathologies liées à l’âge ou de douleurs chroniques ; de grands brûlés, d’amputés et de patients atteints de lombalgie chronique.

Depuis 1998 : Psychologue au sein du groupe national d’intervention psychoclinique SOS-PSY : Consultation publique et in situ.

1996-1997 Stage de validation du D.E.A. de psychologie clinique à l’U.T.T. (Unité de traitement de la toxicodépendance) de l’Hôpital Saint-Charles : Ecoute et accueil de sujets toxicodépendants.

1994-1995 Stage de validation de la maîtrise de psychologie clinique au Centre Bourneville (Montpellier (34)) : Psychodrame d’enfants psychotiques et/ou présentant des « troubles du comportement ».
Traduction

1990-1992 Traductions, d’allemand et d’anglais en français, de dossiers sociopolitiques (Kurdistan, Zaïre, Somalie) pour l’O.S.A.R. (Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés).

Recherche

Référentiel : psychanalytique.
Mots clés : Psychanalyse hors les murs, urgence, psychoses, positions limites, clinique de la marginalisation sociale, troubles liés à l’usage de psychotropes, dépression, figures du père.

Cadre de recherche :

Affilié au CNRS / FRE 2788 « Psychanalyse et Pratiques Sociales de la Santé Mentale » (Université Denis Diderot Paris 7 et Université Jules Verne, Amiens), dirigé par Markos Zafiropoulos, je conduis mes investigations dans l’objectif commun que nous nous sommes fixés : mettre en exergue la fécondité de la référence psychanalytique pour
– instruire les mécanismes du lien social en tenant compte de leur aspect mythologico-symbolique,
– expliquer les crises qui affectent ces mécanismes,
– Mesurer l’impact de ces mécanismes et de leurs crises sur la genèse et le traitement des désordres mentaux.
L’ambition épistémologique de l’équipe de recherche à laquelle je participe vise à l’élaboration d’une anthropologie prenant en compte l’incidence des phénomènes inconscients pour lier dialectiquement les formes de ratage du fonctionnement social (le malaise social) aux symptomatologies « privées » auxquelles ont affaire les cliniciens.

Dispositifs de recherche :

1. Psychanalyse hors les murs : Aménagements du cadre.
2. Approches heuristiques se situant à cheval entre l’enquête sociologique et l’investigation psychanalytique.

Axes de recherche :

1. Psychopathologies liées à l’usage de psychotropes, i.e. troubles consécutifs à l’ingestion d’hallucinogènes et d’amphétamines.
2. Corollaires psychiques de la marginalisation sociale.
3. Approche psychanalytique des psychoses.
4. Enjeux théoriques et praxéologiques de l’intervention en situation d’urgence et/ou in situ, la question des statuts du refoulement et de l’après-coup dans la prise en charge post-traumatique.

Présentation analytique des travaux, ouvrages, articles et réalisations

Ouvrage (à paraître)

Approche psychanalytique des troubles consécutifs à l’usage d’hallucinogènes – Toxicité et structure, Thèse de doctorat en Psychologie Clinique, soutenue le 17 septembre 2002 à l’Université de Picardie Jules Verne, Amiens ; Directeur : Markos Zafiropoulos, Président du Jury : Paul-Laurent Assoun ; Mention : « Très honorable. Avec les félicitations du Jury. » Ed. ANRT, Lille, 2002.

Articles parus (Revues spécialisés en Psychologie Clinique, Psychopathologie et Psychiatrie) :
« Les enjeux topiques de l’expérience hallucinogène » in: Synapse, Journal de Psychiatrie et Système Nerveux Central, Réd. en Chef : Markos Zafiropoulos, N° 198, p. 17-24, octobre 2003.
[Article rédigé à partir d’un condensé analytique de la thèse]
Sur le versant symptomal (présentification idéo-verbale), les troubles liés à l’usage d’hallucinogènes, présentent un aspect singulier, de par leur éclosion soudaine et leur allure intrusive, en restant confinées à un espace relativement précis au sein d’un fonctionnement psychique par ailleurs intact. A l’instar de la décompensation psychotique, le signifiant reparaît ici dans le réel, lorsque le sujet est confronté au désir d’un Autre dans une relation symbolique.
Sur un plan structurel, ces perturbations pourraient être interprétées en tant que psychose partielle, les signifiants liés au désir d’être le phallus maternel se trouvant à peine enrayés par les signifiants de la loi.
En introduisant le concept de degré dans mon appareil théorique, j’ai pu parvenir à une compréhension différenciée des processus en jeu dans ces pathologies, en particulier en ce qui concerne leur déclenchement, leur statut à l’égard de la position subjective, puis leur thérapie. Le lien social dans les communautés de «scotchés», fondé sur une gestion des mécanismes projectifs, censée apprivoiser la jouissance en réduisant l’autre au même, consiste non seulement à pallier l’idéal du moi, mais encore à usurper la fonction de l’Autre.

« Chez les « scotchés » – Violence et lien social » in : VST – Revue du champ social et de la santé mentale, Réd. en Chef : Serge Vallon, Ed. CEMEA/ ERES, N° 81, p. 59-66, Ramonville Saint-Agne, 2004. [Nouvelles approches et recherches de terrain dans le champ clinique des « scotchés »]
En adoptant un nouveau point de vue métapsychologique sur les communautés de « scotchés », j’ai tenté d’instruire les enjeux inconscients de la violence dans le lien social chez ces sujets. J’ai notamment exploré ses effets et ses fondements individuels et sociaux.
On constate un contraste entre des tendances violentes, qu’il s’agit de dissimuler, et une quête explicite de paix sociale laquelle, n’étant accomplie qu’en apparence, est assujettie à la stricte obéissance aux exigences duelles de la mêmeté. En décrétant des règles destinées à niveler les rapports sociaux, les scotchés semblent tenter de parer à un danger imaginaire, attribuée à une possible «non-conformité spéculaire» des conduites. Le dispositif collectif, censé maîtriser les mécanismes de projection, traduit l’ambition de subjuguer l’actualisation violente et/ou l’emprise pulsionnelle. Le fonctionnement communautaire consiste donc à réprimer un déchaînement violent, à peine endigué par les dispositions décrétées ad hoc.
Beaucoup, parmi ces sujets, font état d’accidents ou de sévices dont ils auraient été victimes, et qui n’auraient pas fait l’objet d’explications ou de consolations verbales. La perception subjective d’un refus d’une parole (apaisante) aurait empêché la métabolisation symbolique d’un vécu douloureux et angoissant. Ainsi, tout porte à croire que le défaut de parole peut impliquer la signification subjective d’une violence subie.

« Marginalités et sexualité » in : VST – Revue du champ social et de la santé mentale, Réd. en Chef : Serge Vallon, Ed. CEMEA/ ERES, N° 86, p. 41-46, Ramonville Saint-Agne, 2005.
[Nouvelle orientation heuristique et investigation inédite dans le champ de la marginalité sociale]
Afin d’instruire, au sein d’un squat urbain, le destin de la sexualité chez des sujets marginalisés, j’ai exploré les rapports entre désir, interdit social et « frustration », ainsi que les déplacements d’investissements génitaux. Les sujets rapportent leur incapacité de soutenir leur désir face à des interdits – relevant à la fois de la censure surmoïque et du tabou social. Cette impossibilité paraît traduire les effets d’un surmoi archaïque d’une sévérité extrême. La libido, ne pouvant être investie, donnerait lieu à une actualisation pulsionnelle (sans objet) vécue sous forme d’angoisse. Celle-ci deviendrait insoutenable, puis se doterait d’un objet, à savoir l’autre en tant qu’il incarne l’objet potentiel du désir. Enfin, on observe le développement d’une « phobie sociale », qui semble constituer l’un des principaux facteurs causaux de la marginalisation du sujet.
Cependant, les personnes ayant participé à cette enquête paraissent avoir connu plusieurs réinvestissements ou déplacements pulsionnels – par l’engagement politique, la sublimation artistique ou le développement d’autres symptômes -, avant de se marginaliser. Souvent, confrontées à l’échec d’initiatives idéalistes initialement pacifiques, elles s’engagent dans un activisme violent. Ces manifestations symptomales illustrent comment les effets de l’inconscient, cet espace psychique où les réalités individuelle et sociale coïncident en un seul lieu, se repèrent aux niveaux intra- et extrapsychique.

« Une approche psychoclinique de la fête techno – Le mouvement Rave, entre fusion imaginaire et pathogenèse », in : Synapse, Journal de Psychiatrie et Système Nerveux Central, Réd. en Chef : Markos Zafiropoulos, N° 213, p. 51-55, mars 2005.
[Nouvelle recherche sur le mouvement techno]
La création artistique, sous-jacente à la « contre-culture » qu’incarne le mouvement techno, ne se fonde pas simplement sur un travail de sublimation mais sur la visée d’atteindre, sur un mode magique, à un idéal.
En effet, tout se passe comme si ces sujets s’étaient constitués un idéal commun – relevant à la fois d’un rejet de la génération précédente, notamment du rock, considéré comme trop émotionnel («humain, trop humain») -, d’un rêve de fusion et d’un fantasme de sexualité exaltée, soutenu par la synergie de la foule excitée, la musique informatisée et l’utilisation d’ecstasy, réputé stimuler le désir sexuel, ou d’hallucinogènes, délogeant le moi de sa place habituelle.
La procédure sous-jacente à cette démarche correspondrait alors, tout d’abord, au franchissement d’une limite, notamment au travers de l’annulation des mécanismes de refoulement.
Le dispositif des Rave Parties, censé réaliser l’idéal d’un Tout unifiant, semble viser la maîtrise de l’objet pulsionnel (notamment sous ses formes vocale et scopique), et, corrélativement, «noyer» la question de la place du sujet et de son désir dans une fusion imaginaire.
Cependant, lorsque, sous les effets conjugués de drogues, de l’impossibilité de communiquer et/ou du refus de complaisance « spéculaire» d’un interlocuteur convoqué à la place de l’Autre, le sujet, se voyant soudain engagé à avancer seul, risque d’actualiser une éventuelle défaillance structurelle – i.e. celle des assises symboliques de sa position de sujet.
« L’usage de psychotropes dans le mouvement Techno et réinvestissements libidinaux – Une réflexion psychoclinique sur le destin de la sexualité chez les « nouveaux marginaux » », in : Cliniques Méditerranéennes, Revue de Psychanalyse et Psychopathologie Freudiennes (Revue à comité de lecture), Directeurs de Publication : Roland GORI, Yves POINSO, N° 74 : La Trans-sexualité : Défiguration, Déformation, Déchirement, Ed. ERES, p. 217-231, Ramonville Saint-Agne, 2006.
[Nouveaux points de vue heuristiques sur la fête techno et les « scotchés »]
Afin d’explorer les enjeux inconscients de la sexualité chez certains adeptes du mouvement techno, en situation de marginalisation sociale, j’ai mené une investigation parmi les membres d’une communauté clandestine de « scotchés ». J’ai notamment tenté d’instruire les déplacements de l’investissement pulsionnel, pour parvenir à une certaine compréhension des processus psychiques sous-tendant le défaut de réalisation génitale, l’abus de psychotropes et les passages à l’acte violent.
Face à leur difficulté de concilier les exigences de leur désir avec celles de la réalité (psychosociale), ces sujets désinvestissent progressivement la sexualité, d’abord en abusant d’amphétamines et d’hallucinogènes, puis en cherchant à combattre les « tabous sociaux » régissant les relations interindividuelles.
Un nouvel investissement pulsionnel semble se produire lorsque, confrontées à l’échec de leurs initiatives, ces personnes optent pour un « dernier recours », à savoir la violence. Tout porte à croire qu’il s’agit ici d’une régression massive de la génitalité vers des mécanismes pulsionnels plus « purs » ou archaïques. En renonçant à la quête d’une réalisation génitale et à la poursuite de leurs idéaux pour s’abandonner à la violence, ces sujets ont fini par céder sur leur désir.

« La prise en charge psychanalytique d’un sujet psychotique, en situation de marginalité sociale – Réflexions théoriques et praxéologiques sur la psychanalyse hors les murs à l’épreuve de la psychose », in : Connexions, Revue psychosociologique, (Revue à comité de lecture), Réd. En Chef : Jean-Claude ROUCHY, N° 88/2007-2 : Pratiques de l’analyse de groupe, Ed. ERES, p. 221-244, Ramonville Saint-Agne, 2007.
[Clinique du social, référentiel psychanalytique]
L’article présente le suivi analytique, « in situ », d’un patient psychotique, socialement marginalisé. Cette prise en charge interroge au moins trois règles du dispositif analytique. Tout d’abord, il semble convenu que le patient doit se rendre, pour ses séances, à un lieu « autre ». Par ailleurs, l’analysant est censé rémunérer son psychanalyste avec le fruit de son travail. Enfin pour beaucoup, la psychose constitue une contre-indication à la cure analytique.
Or, outre les cas de « contrainte factuelle », je suis souvent confronté à des situations subjectives où d’intolérables souffrances psychiques empêchent le patient de quitter sa résidence.
Pour ce sujet, la prise en charge in situ a été couronnée d’un succès thérapeutique. La pathogenèse correspondait à l’actualisation d’un défaut structurel, par la rencontre d’une situation prenant la signification subjective d’un «père réel». La causalité psychique, la faille de structure, semblait coïncider avec la perception subjective d’un défaut de reconnaissance par le père. J’en ai conclu à la pertinence psychique d’un triptyque entre amour, reconnaissance et limite, aucun de ces items ne pouvant être entériné sans les deux autres.

Participations à des ouvrages collectifs

« Le lien social dans les communautés de scotchés » in : L’inconscient toxique, Ouvrage collectif, Dir. : M. Zafiropoulos, C.Condamin, O.Nicolle, p. 135-144, Anthropos, Paris, 2001.
Cet article amorce l’exploration – développée dans la thèse (voir synopsis ci-dessus) – du lien social dans les communautés de scotchés.

« Une approche psychoclinique de la fête « techno » – le mouvement « Rave », entre fusion imaginaire et pathogenèse » (autres contenus et aspects que ceux abordés dans Synapse 213) in : Travail social et Psychanalyse, ouvrage collectif, Dir. : Joseph ROUZEL, Ed. Champ social, Coll. Psychanalyse et éducation spécialisée, p. 213-219, Nîmes, 2005.
La scène de la rave party laisse une impression de sensualité dépersonnalisée, conjuguée à l’impossibilité matérielle de communication verbale entre les participants. La cadence itérative de la musique, au volume surpuissant, se trouve dédoublée par les effets de lumière. Le balancement rythmé des danseurs évoque la technique cinématographique d’accéléré ou de ralenti. Les corps en transe paraissent mimer des automates, obéissant aux lois informatiques, formelles (excluant l’éventualité du raté propre à l’intervention humaine) de tempo et de mesure. Une grande partie des participants se trouve sous l’emprise de produits psychoactifs, notamment d’alcool, de cannabis, d’amphétamines (i.e. MDMA ou ecstasy) et/ou d’hallucinogènes. L’effet des psychotropes conjugué à celui du contexte de la fête techno, plongeant les participants dans la solitude, peut déclencher l’éclatement des défenses névrotiques du sujet. L’on assiste alors à l’éclosion de manifestations morbides, correspondant à l’actualisation de défaillances structurelles et susceptibles de chronicisation (le « scotchage » ou « perchage »). Il n’est pas rare que je rencontre de jeunes « ravers » – présentant des perturbations semblables à celles décrites dans ma thèse – réfugiés dans les communautés de scotchés.

Participation à un ouvrage collectif « grand public » :
« Entre fusion imaginaire et dépersonnalisation – Approche psychoclinique » in : La fête techno – Tout seul et tous ensemble, Dirigé par Béatrice Mabilon-Bonfils, Autrement, Collection Mutations, N° 231, p. 131-140, Paris, 2004.
Cet article résume, sous une forme « vulgarisée », les principaux résultats de mes recherches psychocliniques sur le mouvement techno.

Article à paraître :

« Psychopathologies de l’exclusion : une clinique de l’impair – Déterminants inconscients de la marginalité sociale » recherche articulant pratiques sociales de la santé mentale, anthropologie, sociologie et clinique psychanalytique ; article à paraître dans la revue Psychologie Clinique, (Revue à comité de lecture), Directeur : Olivier Douville ; Accord (2007) pour publication en 2008.
Dans ce travail, à cheval entre enquête sociologique et investigation psychanalytique, j’ai tenté d’instruire la marginalisation sociale en tant qu’elle peut faire symptôme, ainsi que les enjeux théoriques et praxéologiques de la psychanalyse hors les murs. Pour illustrer les psychopathologies les plus courantes chez les sujets marginaux, j’ai présenté l’étude de quatre cas cliniques. Si la cure analytique a permis la résolution des troubles majeurs – un vécu déréalisant et l’angoisse -, ces sujets stagnent dans une position d’abandon, se traduisant par des manifestations mélancoliques et la persistance d’une destinée hors le monde. Par ailleurs, ils continuent à exprimer une plainte lancinante quant au désamour paternel. Ce trait commun entre ces sujets m’a paru corroborer, dans une certaine mesure, mon hypothèse (voir ci-dessus, article in : Connexions N°88), selon laquelle l’advenue satisfaisante du père symbolique supposait non seulement l’interdit de l’inceste, mais aussi la ratification subjective de l’amour et de la reconnaissance paternels.

Conférences et Colloques

« Lien social et imaginaires : enjeux psychanalytiques de la fusion », Conférence dans le cadre de la Journée d’études de l’Ecole doctorale et du Pôle Régional de Recherches en Sciences Humaines et Sociales du 28 avril 1998, organisée par le Centre de Recherches « Psychanalyse et pratiques sociales de la santé », UPRESA 6053 CNRS, Faculté de Médecine, Université de Picardie Jules Verne. Dans cette communication, j’ai exposé les résultats d’une investigation psychanalytique et psychosociologique, menée auprès de deux groupes de collégiens et d’un groupe de lycéens. Tout en se démarquant explicitement de leurs aînés, ils reprennent à leur compte le rêve de fusion sous-jacent à la culture techno. Remplaçant le terme de « scotché » par celui de « perché », ils paraissent intégrer leur représentation de ces troubles (souvent chronicisés, présentés dans ma thèse) à leur idéal commun.

« Le lien social dans les communautés de scotchés », Conférence dans le cadre de la Journée d’études « Savoirs, identités, sociétés » de l’équipe de recherche « Psychanalyse et pratiques sociales de la santé » du 11 mai 1999, UPRESA 6053 CNRS, Université de Picardie Jules Verne. J’ai présenté ici, de manière synthétique, les avancées (versant social) de ma recherche doctorale.

« Les scotchés », Communication dans le cadre de l’atelier « Dépendances, transgressions, folies », lors du Colloque « Dépendances : L’inconscient, le corps » du 7 mars 2000, UPRESA 6053 CNRS, Université de Picardie Jules Verne. Dans cette intervention, j’ai exposé la progression de ma recherche sur les troubles procédant de l’ingestion d’hallucinogènes et sur le lien social chez les sujets souffrant de ces désordres.

« Les adolescents et les consommations à risque », Conférence dans le cadre du séminaire « Psychologie, sociologie et éthique » du Diplôme Universitaire « Dopage : de l’Analyse à la Prévention » du 13 mars 2003, Université de Montpellier I, Faculté de Médecine. Si l’usage d’hormones tend à disparaître, celui de psychotropes réputés stimulants croît de façon spectaculaire chez les jeunes sportifs. L’activité sportive, loin d’empêcher la consommation de drogues et souvent associée à l’utilisation de produits psychoactifs – i.e. d’amphétamines, de cocaïne et de caféine à hautes doses – se trouve elle-même investie en tant que psychotrope.

« Enjeux psychiques et sociaux de l’expérience hallucinogène – un point de vue psychanalytique sur le lien social chez les scotchés », Conférence lors de la Journée du Prix de Thèse du 26 juin 2003, Université de Picardie Jules Verne. J’ai exposé une version synthétique des présupposés épistémologiques et praxéologiques, ainsi que des conclusions de ma recherche doctorale.

« Les enjeux psychiques de la violence chez les scotchés – Approche psychoclinique de la violence chez les sujets présentant des troubles consécutifs à l’usage d’hallucinogènes », Conférence, dans le cadre du séminaire « Violence pulsionnelle, violence sociale : parlons-nous ! » animé par Joseph Rouzel, le 6 juin 2003, au cours du Colloque « Violences », organisé par la revue Cultures en mouvement, à Montpellier du 4 au 7 juin 2003. Dans cette conférence, j’ai récapitulé la teneur de mon article « Chez les « scotchés » – Violence et lien social » paru dans VST N° 81 (voir ci-dessus).

« Enjeux topiques de l’expérience hallucinogène – Conjoncture subjective, thérapie et lien social chez les « scotchés », Conférence dans le cadre de la Quatrième Journée Doctorale du Séminaire Inter-Universitaire Européen de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse (SIUERPP), le 29 novembre 2003, organisée en partenariat avec l’Association Européenne des Jeunes Chercheurs en Psychopathologie et Psychanalyse, à l’Université Denis Diderot – Paris VII.
Dans cette intervention, j’ai donné une présentation analytique de ma recherche doctorale.

« Les enjeux topiques de l’expérience hallucinogène – Conjoncture subjective, thérapie et lien social chez les « scotchés », Conférence dans le cadre du séminaire « Le travail social avec les adolescents en souffrance », organisé le 23-03-2004, par le Centre de Formation d’éducateurs spécialisés EPIRES, à Clermont-Ferrand. Après avoir exposé les résultats de mes investigations sur les « scotchés », j’ai présenté un résumé de ma conférence « Lien social et imaginaires : enjeux psychanalytiques de la fusion » du 28 avril 1998 (voir ci-dessus) portant sur ma recherche psychanalytique et psychosociologique à propos de l’idéal adolescent. Puis, j’ai décrit certaines de mes missions au sein du groupe d’intervention psychologique SOS-PSY. Quant au versant clinique de ma fonction, je dispense les soins psychologiques, en établissement ou in situ, à des personnes présentant des troubles psychiques, souvent désorientés, désocialisés et/ou toxicodépendants. SOS-PSY m’a également confié la mise en place et la réalisation des programmes de prévention pour la jeunesse, la coordination et la supervision de l’action des travailleurs sociaux, l’élaboration des hypothèses de recherche et la préparation des réunions à thème (SIDA, addictions, conduites à risque, etc.).

« Une approche psychoclinique de la fête techno – Le mouvement Rave, entre fusion imaginaire et pathogenèse », Conférence, tenue le 6 octobre 2004, dans le cadre du Séminaire « La psychanalyse hors les murs », animé par Jean François Gomez, au 1er Congrès Européen « Travail social et psychanalyse », les 5, 6 et 7 octobre 2004 au Corum de Montpellier.
La création artistique, sous-jacente à la « contre-culture » qu’incarne le mouvement techno, ne se fonde pas simplement sur un travail de sublimation mais sur l’ambition d’atteindre, sur un mode magique, un idéal de fusion et de sexualité exaltée. Par ailleurs, les données recueillies semblent établir que ce courant est sous-tendu par une révolte dirigée plus particulièrement contre le déficit de reconnaissance de l’individu par la société.
Les adeptes du mouvement se réunissent dans des festivals plus ou moins spontanés, animés par une musique informatisée répétitive. L’usage massif d’amphétamines et d’hallucinogènes, correspondant à l’usurpation du droit à la jouissance, peut entraîner le franchissement des limites psychiques, et déloger le moi de sa place habituelle. La procédure « festive », consistant à opérer une fusion imaginaire des participants en un Tout unifiant, est susceptible de déclencher des psychopathologies caractérisées par des modifications perceptuelles et des présentifications objectales (i.e. des hallucinations idéo-verbales).

« Enjeux topiques de l’expérience hallucinogène – Conjoncture subjective, thérapie et lien social chez les scotchés », Conférence, tenue le 12 juin 2007, dans le cadre de la Formation continue, destinée aux professionnels de la santé mentale et aux travailleurs sociaux, pour PSYCHASOC, Directeur : Joseph Rouzel, 11, Grand Rue Jean Moulin – 34000 Montpellier.
J’ai exposé l’approche psychanalytique de l’expérience hallucinogène et celle des enjeux structurels du lien social dans les communautés de scotchés. Ainsi, j’ai présenté mes recherches – inspirées des conceptions freudienne et lacanienne – sur les fonctionnements individuel et social au sein de ces communautés. Dans la perspective freudienne (illustrée i.e. dans Totem et tabou et Malaise dans la civilisation), le lien social se constitue autour d’un leader venant occuper la place de l’idéal du moi. L’idéal du moi se différencie du surmoi, en ce qu’il inaugure la sublimation en conciliant les exigences libidinale et culturelle. Du point de vue de J. Lacan (Ecrits), l’idéal du moi, organisant la structure imaginaire du moi, régule les projections agençant les rapports au semblable. Lacan distingue entre l’identification imaginaire, établissant les assises du moi, et l’identification symbolique, fondatrice du sujet.
Or, d’une part, les troubles issus de la prise d’hallucinogènes renvoient, dans une certaine mesure, à des mécanismes forclusifs. De l’autre côté, dans ces collectivités, personne ne semble incarner la figure de chef. Bien entendu, en forçant le modèle, l’on pourrait concevoir ici une figuration idéique – incarnée par le souci partagé de rapports strictement égalitaires – d’un statut de leader.
Les « scotchés » tentant d’assigner une consistance à l’Autre, on peut envisager – en admettant le bien-fondé de l’analogie, préconisée par Freud et Lacan, entre les mécanismes régissant les fonctionnements individuels et collectifs – l’éventualité d’un procédé similaire de la part de la communauté de scotchés, conçue en tant que sujet social. L’individu « scotché » se substituant à l’Autre défaillant, le groupe composé de sujets « scotchés » opérerait de façon équivalente, en instituant une loi contractuelle (des frères) là où la Loi (du père) fait défaut.